Une brassée de mots hétéroclites… Réponse de C.
Bon, ça m’a pris du temps répondre à “Brassée de mots hétéroclites 1″, mais c’est parce que deux versions ont émergé en même temps. J’ai réussi à intégrer les mots phacochère, démagogie, “Pas ce soir, j’ai mal à la tête”, Elvis Presley, arabesques, casserole, invraisemblable, cactus, hochet et Tel-Aviv dans deux textes différents, un traditionnel et un plus rigolo!
“Version 1″
Ton père se prend pour Elvis Presley?
Ton frère de cinq ans se promène partout avec une casserole sur la tête?
Ta mère fait de la salade cactus?
Bref, tu vis dans une famille de fous, et en tant qu’ado, ça t’embête? Appelle Tel-Aviv, la ligne d’entraide téléphonique qui avive les idées les plus loufoques. Nous sommes là pour t’aider à résoudre tous tes problèmes.
Aucun de nos bénévoles ne te dira : « Pas ce soir, j’ai mal à la tête. » Ils t’écouteront sans arrêt. En fait, oui, il y aura un arrêt. Quand tu entendras les hochets sonner, ton temps sera écoulé. Nous t’aimons bien, mais tu n’es pas le seul à avoir des problèmes avec ton phacochère domestique ou ton devoir de démagogie. Nous devons aider le plus de jeunes possibles.
Alors si ta vie te semble invraisemblable et que tu as besoin de parler, cesse tes arabesques immédiatement et appelle Tel-Aviv.
[voix de jeune] Merci, Tel-Aviv!
“Version 2″
Couché sur le sofa, Marc entendait sa mère préparer un gâteau. Il percevait de loin le son velouté de la cuillère de bois glissant contre la paroi d’une casserole et le tintement énergique du fouet s’agitant dans un bol de verre. Il aimait s’imprégner de ces bruits familiers. Une mouche décrivait des arabesques invraisemblables devant ses yeux. Elle se posa finalement sur un cactus. Que n’eut-il pas donné pour voleter et danser comme elle, ou comme Elvis Presley!
Du fond de la cuisine, sa mère demanda :
-Tu prendras bien un morceau de gâteau avant de partir? Je l’ai cuisiné comme tu l’aimes.
- Pas ce soir, maman, j’ai mal à la tête. Tu sais que les plats sucrés accentuent mes migraines. Ce serait comme si des milliers de hochets résonnaient dans ma tête.
- D’accord, je comprends, souffla-t-elle, déçue.
L’angoisse le gagnait depuis deux semaines. Elle le ravageait, semblable au phacochère affamé qui laboure tout sur son passage. Il allait partir à la guerre. Il s’était laissé séduire par les enrôleurs de l’armée et leurs arguments démagogiques. Ils lui avaient fait miroiter la possibilité de poursuivre des études avancées. Maintenant, la réalité le rattrapait et il devait aller faire régner la paix dans la Bande de Gaza. Son avion atterrirait à Tel-Aviv, puis des camions les mèneraient, lui et ses compagnons, jusqu’à cette zone de guerre. Finalement, il prendrait bien un morceau de gâteau avant de partir.